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Qui est l’homme qui se cache derrière le Groupe Acrotec ?

Dernière mise à jour : 26 mars

J’ai eu le plaisir d’interviewer Monsieur François Billig, fondateur et CEO du groupe Acrotec, spécialisé dans la microtechnique de précision. Une conversation rythmée, efficace et particulièrement riche d’enseignements.


Quelles sont les étapes avant le grand groupe reconnu ?


Et si c’était une question de stratégie ? De maintenir toujours la même, celle qui fonctionne ?


Mais c’est qui François Billig avant la Suisse ?


Il vient d’une famille normalement modeste française qui tenait à ce qu’il fasse des études. Il a donc étudié. Après un baccalauréat scientifique, il avait le choix ; médecine, ingénierie, commerce… Il a choisi l’école de commerce, puis il a fait une licence en droit. En parallèle, il est devenu expert-comptable. Ses études terminées, il a 25 ans. Il rentre chez KPMG et après seulement 3 ans, il devient associé et directeur de KPMG Strasbourg. Conscient qu’il ne travaillera pas toute sa vie dans ce domaine, mais que c’est l’opportunité de regarder comment ça se passe dans les entreprises, chez les autres… Qu’est-ce qui ne fonctionne pas et plus important encore, qu’est-ce qui fonctionne ? Un poste qui lui aura appris les bonnes pratiques pour gérer une entreprise et assurer sa pérennité.


Après 6 ans, une grande société cliente lui propose de devenir directeur général. Il devra gérer une quarantaine de commerciaux. Le parfait complément à ce qu’il a fait jusqu’à présent. Parce qu’une fois que l'on a compris comment les décisions se prennent, il est intéressant de savoir comment on développe commercialement et concrètement une activité.


Une nouvelle aventure, de nouveaux codes


Il voyage, mange, fait la fête, dort peu, trop peu jusqu’à ce que sa santé lui dise stop. Il prend une année sabbatique, fait des choses qu’il apprécie et conseille quelques entreprises.


« Il te faut ta société ! »


C’est ce qu’un ami n’arrêtait pas de lui répéter. Lors d’une partie de chasse, il rencontre un entrepreneur suisse qui cherche à remettre sa société. Son ami lui glisse, « c’est peut-être fait pour toi ».


Direction Delémont pour parler décolletage !


Nous sommes en 1999 et François Billig réunit avec 4 autres personnes les fonds pour racheter 50% de l’entreprise. Après seulement deux ans, il rachète les autres 50%.


Ce n’est pas un nouveau monde mais tout un nouvel univers qui se présente à lui. Ici, tout est différent, la mentalité, les gens, la culture, la spécificité du domaine d’activité, l’accueil. Et pourtant le Jura aura fini par lui ouvrir ses bras.


En 2001, tout s’effondre, c’est la crise ! Heureusement pour lui, il est en Suisse. De réelles solutions peuvent être prises au niveau du plan social. Il faudra quand même 5 ans pour redresser l’entreprise et surtout la payer.


Monsieur Billig, qu’est-ce qu’on apprend d’un démarrage si mouvementé ?


Qu’il faut se diversifier, se solidifier et surtout grandir. Pour nous permettre d’être préparés pour gérer les crises à l’avenir. J'ai décidé de m’intéresser au domaine horloger et de fil en aiguille, le concept de groupe s'est construit.


Grandir, créer un groupe, comment on fait ?


On s’entoure des meilleurs, on comprend que c’est avant tout une aventure humaine, que ce sont ceux avec qui nous allons travailler qui feront la différence, notre différence.


Chez Acrotec, on cherche des entrepreneurs intéressés à nous rejoindre et on s’assure d’être bien au clair sur ce que nous voulons partager, créer, construire ensemble. Quelles sont nos valeurs et comment s’assurer qu’ils les partageront ? Quelle est la stratégie et comment faire pour être certain que nous allons tous dans la même direction ?


Ça prend du temps avant le démarrage, parce que ce que nous cherchons, ce sont des personnes et non des sociétés, nous voulons une certaine vision, des ambitions et surtout des épaules pour continuer à porter, développer, leurs activés tout en profitant des nombreux avantages de faire partie du groupe.


Ensuite, ça va vite, parce qu’on les fédère, on met en avant les forces des uns et des autres, on se complète et se soutient par les différences, par un esprit d’entreprise et par cette envie de grandir ensemble.


On s’assure également de garder en tête la stratégie, cette stratégie qui fonctionne et qui pour moi, n’a pas besoin d’évoluer. Parce que notre positionnement est clair pour nous à l’interne comme pour nos clients qui nous font confiance. Nous faisons et continuerons à faire de la sous-traitance et jamais de produit fini. Nous sommes là pour répondre aux besoins de nos clients et non pour leur faire concurrence.


C’est pour cette raison que ceux que nous invitons à nous rejoindre doivent répondre à minimum deux de ces trois critères :


  1. Apporter une nouvelle technologie qui n’existe pas déjà dans le groupe et qui permet d’augmenter la palette d’offre pour les clients

  2. Apporter une nouvelle zone géographique qui nous permet d’élargir notre champ d’action

  3. Apporter de nouveaux clients


De plus, l’entreprise doit être gérée par une personne physique qui est en bonne santé financière et qui travaille uniquement dans la sous-traitance.


"Notre plus grande valeur c’est notre capital humain, ce sont nos collaborateurs, donc nous mettons tout en place pour attirer les meilleurs et surtout pour leur donner envie de rester. Nos trois valeurs fondamentales sont : l’intégrité, le respect et l’indépendance."

Comment on traverse des crises, des coups dure, des phases de doute ?


Avec humilité ! En se rappelant que rien n’est jamais acquis et également en se souvenant que tout seul, on ne va nulle part.

Donc la reconnaissance est également importante. Quand on gagne, on partage. Les victoires sont toujours plus savoureuses quand elles sont partagées. Comme les phases plus compliquées sont moins pénibles en équipe.


Face à des situations de crise, c’est la réactivité qui fait la différence. Notre chance c’est qu’en Suisse, on peut facilement prendre des mesures avec le personnel parce que la Confédération est là et nous soutient.


Après, il est évident que le plus intéressant quand on a les moyens derrière, c'est d’investir quand personne ne peut investir, pour être fin prêt quand ça repart.


Mais il faut accepter de perdre parfois et de prendre des risques.


Monsieur Billig, que conseilleriez-vous à un jeune qui se lance dans l’entrepreneuriat ?


  • Travaillez dans ce que vous aimez ! Utilisez l’énergie du plaisir.

  • Travaillez en équipe, c’est tellement plus enrichissant, plus beau.

  • Donnez envie à vos équipes de rester avec vous, qu’ils aient des parts dans la société, qu’ils se sentent réellement intégrés. Et partagez quand vous gagnez !

Tous ceux qui ont réussi ont travaillé, même si tous ceux qui travaillent ne réussissent pas. Il y a un paramètre de chance, de rencontrer les bonnes personnes, les bonnes opportunités.

Et pour ma part, je fais régulièrement des bilans, je regarde ce qui fonctionne par rapport à ce qui ne fonctionne pas et si je suis toujours dans le plus, je continue, sinon je rectifie.


Pour terminer, je dirai qu’il faut se rappeler de ce que les autres ont fait pour nous. Par exemple, le Jura m’a accueilli, fait confiance alors quand aujourd’hui, on me propose de déménager le siège social d’Acrotec, je refuse simplement.


Retrouvez toutes les informations sur Acrotec Groupe ici : https://acrotec.ch/


Ou suivez-les sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/acrotec-group/








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